Conseil ANAIS – Gérer une inondation

Une inondation n’est pas un désordre comme les autres. Humainement, la perte de biens, de repères et de souvenirs, est souvent traumatisant. Techniquement, les dégâts sont importants car non seulement l’eau s’est infiltrée partout, mais elle aussi stagné pendant plusieurs jours. Financièrement, les frais sont importants et les délais d’indemnisation particulièrement longs.

Déclaration d’une inondation

Les personnes qui possèdent une assurance de dommages (incendie, dégât des eaux, …) pour leur habitation, leur entreprise, leurs véhicules, etc… , bénéficient automatiquement de la garantie catastrophes naturelles.

D’une façon générale, la déclaration écrite d’un dégât des eaux doit être envoyée à l’assurance dans un délai de 5 jours ouvrés à compter de l’inondation ou de son constat. Même si vous pouvez réaliser une déclaration en ligne, il vaut mieux envoyer une lettre en recommandé avec accusé de réception.

Dans le cas d’une inondation, vous avez 10 jours à compter de la parution du décret de catastrophe naturelle au Journal officiel pour déclarer le sinistre en mairie, faire réaliser un état estimatif des pertes et le remettre à votre assureur.

Dans les faits, vous disposez de 2 ans pour régler le sinistre et percevoir les indemnités, précise Raymond Guillet, président du Syndicat national des experts d’assurés (SNEA) et ancien président de la Fédération des experts.

Reste à charge en cas d’inondation

Une franchise reste toujours à la charge de l’assuré. Elle s’élève à :
– 380 euros pour les habitations, les véhicules à moteur et autres biens à usage privé ;
– 10 % du montant des dommages (avec un minimum) pour les biens à usage professionnel.

Pour les biens autres que les véhicules, en cas de sinistres répétitifs, si la commune n’est pas dotée d’un plan de prévention des risques naturels (PPR), la franchise est modulée en fonction du nombre de constatations de l’état de catastrophe naturelle intervenues pour le même risque au cours des cinq années précédentes. Elle est doublée au troisième arrêté constatant la catastrophe, triplée au quatrième et quadruplée pour les arrêtés suivants.

Les dommages, visibles et invisibles

Mesure taux humidité

Evidemment, plus la hauteur d’eau est importante, plus l’immersion est prolongée et le courant fort, plus les conséquences sont lourdes.

Selon le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), 10 cm d’eau pendant plusieurs heures suffisent à affecter la solidité et la salubrité du logement.

Mais les dommages ne sont pas toujours visibles. Par exemple, l’eau a pu fragiliser les fondations, dégrader les isolants, favoriser le développement de champignons…

Après la décrue, il n’est pas rare que de l’eau subsiste et continue d’aggraver les désordres. Par exemple, dans les vides sanitaires et les caves notamment, des champignons comme le mérule peuvent se développer et participer à la destruction des ossatures en bois. Dans les gaines électriques, l’eau peut produire des courts-circuits légers, des fuites de courant qui font disjoncter les différentiels.

Les travaux à prévoir après une inondation

Pomper l’eau et évacuer la boue

A l’extérieur

Après une inondation, l’eau doit être pompée progressivement, en deux ou trois fois, en laissant une journée environ entre chaque pompage. Effectivement, “le terrain autour de la maison est gorgé d’eau, et cette dernière exerce une très forte pression sur les murs extérieurs souterrains, d’où un risque d’effondrement en cas de brutale dépression”, alerte le CSTB.

Les drains enterrés autours de la maison devront être dés-emboués pour retrouver leur fonctionnalité normale. De même pour les caniveaux et les canalisations d’eau pluviale.

A l’intérieur

A l’intérieur, il faudra évidemment réaliser un grand ménage ! La boue est plus facile à sortir si elle est encore humide. Les murs en durs seront lavés.

L’électricité étant coupée depuis le début, les gaines seront nettoyées et vidées en envoyant de l’air sous pression. Il est effectivement important de veiller à ne conserver aucune poche d’eau à l’intérieur du logement.

Si les doublages cachent une isolation en laine de verre, celle-ci sera considérée comme morte. Il faut découper les panneaux en veillant à ne pas fragiliser le bâti et évacuer au moins la partie basse. Le CSTB préconise de déposer les plaques de plâtre afin de les faire sécher à plat, de permettre à l’ossature de fixation et, éventuellement, à l’isolant de bien sécher aussi. Il serait cependant surprenant que les plaques soient récupérables ! Celles qui sont déformées et celles qui sont destinées à supporter des meubles seront remplacées.

Le problème est le même pour les isolants sous les rampants de toiture et sous chape. Il est parfois nécessaire de casser la chape pour remplacer l’isolant car il peut rester gorgé d’eau pendant des années.

Les rails métalliques de fixation devront être nettoyés, séchés et, si besoin, traités contre l’oxydation. S’il y a des tasseaux de bois, ils auront probablement gonflé sous l’action de l’eau et seront sans doute bons à jeter. 

Contrôler l’ensemble du bâti

Si l’enduit de façade a été abîmé, que des zones sonnent creux ou se décollent, elles devront être reprises.

Il est possible que la toiture ait été malmenée si l’eau est montée haut et/ou si le vent a soufflé fort. Elle devra elle aussi être vérifiée.

Les menuiseries en bois peuvent se déformer. Il conviendra de surveiller tout particulièrement les portes intérieures qui sont souvent creuses et constituées de plaques en carton sur un cadre en bois léger.

Enfin, s’il y a un traitement anti-termite, il sera compromis par l’immersion et devra être renouvelé.

Demander l’aide d’un expert d’assuré

L’expert d’assurance est chargé de défendre… l’assureur.

L’expert d’assuré se chargera d’établir l’état estimatif des pertes que vous avez subies, sans chercher à les minimiser. Il devra négocier avec l’expert d’assureur et rédiger avec lui un procès-verbal d’expertise amiable et contradictoire qui sera opposable aux deux parties. Il devra vous assister pour relancer l’assureur et obtenir le paiement de l’indemnisation (dans un délai d’un mois après la clôture des procès-verbaux).

Ainsi, votre expert veillera à ce que l’assureur vous garantisse la remise à neuf de votre logement car aucun coefficient de vétusté ne peut être appliqué. De plus, il vérifiera que l’assureur vous verse une indemnisation en espèces, et non en nature en déléguant une entreprise.

Certes, les honoraires d’un expert d’assuré sont élevés (entre 5 et 10% de l’indemnité) et ne sont pas pris en charge par l’assurance (contrairement aux cas de dommages aux biens). Cependant, ils sont plus que rentabilisés lors d’un sinistre lié à une inondation. Il importe effectivement de négocier le plus possible au départ, car il y a souvent des frais cachés qui apparaissent plus tard.

L’expert doit examiner avec soin la structure du bâtiment (fondations, murs, chapes, charpente, etc.), l’état des vides sanitaires, des drains, des cloisons intérieures, des menuiseries, des isolants, des revêtements, du circuit d’eau et d’électricité, des cuves et des fosses… Le travail est immense. Alors, un dernier conseil : choisissez bien votre expert !

Appelez ANAIS au :

09.8008.5008

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